Portrait de Barye avec un modèle de cire du « Lion assis »
Par Léon Bonnat · 1885 · Peinture à l'huile
<p>Walters commissioned this portrait through his fellow Barye enthusiast in Baltimore George Lucas. Barye's having died thirteen years earlier, Bonnat worked from a photograph of the sculptor taken by the respected French photographer Nadar that, along with a wax model of the "Seated Lion," was provided by Lucas.</p><p>For the latest information about this object, <cite><a href='https://purl.thewalters.org/art/37.757' rel='external'>Portrait of Barye with a Wax Model of "Seated Lion"</a></cite>, visit the Online Collection of the Walters Art Museum.</p>
Du même auteur — Léon Bonnat
Œuvres de la même période — Post-impressionnisme
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Contexte
Léon Bonnat (1833-1922) était un peintre et dessinateur français, figure majeure du portrait réaliste au XIXe siècle, influencé par les courants post-impressionnistes. Né à Bayonne, il s'établit à Paris où il fréquente l'École des Beaux-Arts et voyage en Italie, développant un style précis et naturaliste. Ce portrait de 1885 s'inscrit dans sa période mature, marquée par des commandes prestigieuses et une fascination pour les artistes contemporains. Bonnat, professeur renommé à l'École des Beaux-Arts, portraiture ici Antoine-Louis Barye (1796-1875), sculpteur animalier emblématique du romantisme français, décédé treize ans plus tôt.
Description et analyse
L'œuvre, intitulée Portrait of Barye with a Wax Model of "Seated Lion", est une peinture à l'huile sur toile mesurant 129 x 93 cm. Elle dépeint Barye assis, tenant un petit modèle en cire de son célèbre Lion assis, une sculpture bronze iconique exposée au Louvre. Bonnat capture l'essence du sculpteur avec un réalisme minutieux : le visage buriné de Barye, ses yeux intenses fixant le spectateur, et ses mains posées sur le modèle, soulignant son lien intime avec son art. La composition est structurée, avec Barye centré dans un intérieur sobre, éclairé par une lumière naturelle qui accentue les textures – la peau rugueuse, le poli de la cire, le drapé du vêtement.
Cette peinture n'est pas un portrait direct, car Barye était mort depuis 1875. Bonnat s'est appuyé sur une photographie prise par le célèbre photographe Nadar (Gaspard-Félix Tournachon), fournie par George Lucas, un collectionneur américain et ami de Barye basé à Baltimore. Lucas, intermédiaire pour la commande de William T. Walters – fondateur du Walters Art Museum –, a également procuré le modèle en cire original du Lion assis. Cette médiation transatlantique reflète l'enthousiasme international pour l'œuvre de Barye, pionnier de la sculpture animalière romantique, influencée par les études naturalistes de Delacroix et les gravures de Rembrandt.
Stylistiquement, Bonnat adopte une approche post-impressionniste naissante, mêlant réalisme académique et touches plus libres. Les couleurs sont riches et contrastées : tons chauds pour la chair de Barye, ombres profondes pour le fond, et reflets dorés sur la cire qui évoquent la vitalité de la sculpture. L'analyse iconographique révèle un hommage à l'artisanat : le modèle en cire symbolise le processus créatif de Barye, dont les bronzes animaliers, comme le Lion assis (1832), capturent la puissance sauvage avec une précision anatomique rare pour l'époque. Bonnat, lui-même portraitiste de figures comme Adolphe Thiers ou Victor Hugo, utilise ici le portrait pour célébrer un collègue artiste, intégrant des éléments autobiographiques – son propre intérêt pour la sculpture, visible dans ses collections personnelles.
La technique de l'huile sur toile permet une profondeur et une modélisation fine, typique de Bonnat. Les coups de pinceau sont visibles mais contrôlés, évitant l'excès impressionniste pour un rendu presque photographique, en écho à la source Nadar. Cette œuvre illustre la transition vers le modernisme : tandis que le réalisme domine, des nuances post-impressionnistes apparaissent dans la composition asymétrique et l'accent sur l'intériorité psychologique de Barye, un homme passionné par les bêtes, souvent comparé à un « lion » lui-même par ses contemporains.
Posterite
Acquis par William T. Walters en 1885, le portrait intègre la collection du Walters Art Museum à Baltimore depuis 1931, où il est catalogué sous le numéro 37.757. Il reste un témoignage précieux de l'admiration pour Barye aux États-Unis, influençant les collectionneurs américains d'art français. Exposé régulièrement, il contribue à la redécouverte de Bonnat au XXe siècle, souvent éclipsé par ses élèves comme Gustave Courbet ou ses contemporains impressionnistes. Aujourd'hui, consultable en ligne via le site du musée, cette œuvre souligne l'héritage croisé de la peinture et de la sculpture au XIXe siècle, invitant à une réflexion sur la préservation des modèles et des mémoires artistiques.
Questions fréquentes
Qui a peint le Portrait de Barye avec un modèle en cire du 'Lion assis' ?
Léon Bonnat, peintre français du XIXe siècle, a réalisé cette œuvre en 1885. Spécialiste des portraits réalistes, il était professeur à l'École des Beaux-Arts de Paris. Le portrait rend hommage au sculpteur Antoine-Louis Barye, représenté post-mortem d'après une photographie.
Quand a été réalisé ce portrait ?
Le portrait date de 1885, treize ans après la mort de Barye en 1875. Bonnat l'a peint sur commande de William T. Walters via George Lucas. Il s'inscrit dans la période post-impressionniste de l'artiste.
Où peut-on voir le Portrait de Barye aujourd'hui ?
L'œuvre est conservée au Walters Art Museum de Baltimore, aux États-Unis. Elle fait partie de la collection permanente depuis 1931. Des informations détaillées et des images sont disponibles sur le site en ligne du musée.
Quel est le sujet principal de cette peinture ?
Le portrait représente Antoine-Louis Barye tenant un modèle en cire de sa sculpture 'Lion assis'. Il met en scène le sculpteur dans un intérieur, soulignant son lien avec l'art animalier romantique. Bonnat a utilisé une photo de Nadar pour recréer l'apparence de Barye.
Pourquoi ce portrait est-il important ?
Il illustre l'admiration transatlantique pour Barye et son œuvre sculpturale. Commandé par un collectionneur américain, il préserve la mémoire d'un artiste clé du romantisme. Au Walters Art Museum, il enrichit l'étude des échanges artistiques franco-américains au XIXe siècle.