d'après Job et ses Filles , William Blake
Peinture féerique
Genre pictural victorien représentant le monde des fées et créatures mythiques — Richard Dadd, John Anster Fitzgerald, Joseph Noel Paton.
d'après Job et ses Filles , William Blake
Genre pictural victorien représentant le monde des fées et créatures mythiques — Richard Dadd, John Anster Fitzgerald, Joseph Noel Paton.
Article
La peinture féerique (fairy painting) désigne un genre pictural développé principalement en Grande-Bretagne entre les années 1830 et 1900, qui prend pour sujet le monde des fées, lutins, elfes et créatures surnaturelles issus du folklore celtique et nordique, et de la littérature anglaise — notamment Shakespeare (Le Songe d'une nuit d'été, La Tempête) et les contes populaires recueillis par les frères Grimm.
Spécificité britannique sans équivalent dans la peinture continentale, ce genre constitue un versant onirique du romantisme tardif et du victorianisme. Il croise plusieurs courants — préraphaélisme, symbolisme, illustration littéraire — et a produit quelques-uns des chefs-d'œuvre les plus étranges de la peinture du XIXᵉ siècle.
La peinture féerique éclôt dans le sillage du renouveau folkloriste européen, particulièrement vivace en Grande-Bretagne. Plusieurs facteurs convergent au début du XIXᵉ siècle :
Plusieurs peintres britanniques ont fait de la fée leur sujet quasi exclusif :
La peinture féerique se reconnaît à plusieurs traits :
L'iconographie est riche et codifiée :
La peinture féerique disparaît avec le tournant du XXᵉ siècle, victime de l'évolution des goûts et de la concurrence du cinéma d'animation. Elle survit comme genre illustratif (Rackham, Dulac, plus tard les Tolkien-illustrateurs) et a connu une renaissance critique depuis les années 1990, avec des expositions majeures à la Royal Academy de Londres (1997) et au Frye Art Museum de Seattle.
Les œuvres les plus importantes sont conservées à la Tate Britain (Londres), à la National Gallery of Scotland (Édimbourg), au Victoria and Albert Museum et dans plusieurs collections privées britanniques. The Fairy Feller's Master-Stroke de Dadd, conservée à la Tate, reste l'œuvre la plus célèbre et la plus étudiée du genre — y compris pour son inscription dans la chanson éponyme de Queen (1974).
La peinture féerique illustre un moment unique de l'imaginaire occidental : le passage entre la croyance populaire au surnaturel et son refoulement dans la fiction enfantine.
La peinture féerique (fairy painting) est un genre pictural britannique du XIXᵉ siècle (vers 1830-1900) qui représente le monde des fées, lutins et créatures surnaturelles issus du folklore celtique-nordique et de la littérature anglaise — notamment Shakespeare. C'est une spécificité britannique sans équivalent sur le continent.
Les peintres canoniques sont Henry Fuseli (précurseur, 1741-1825), Sir Joseph Noel Paton (Quarrel of Oberon and Titania, 1849), Richard Dadd (The Fairy Feller's Master-Stroke, 1855-1864), John Anster Fitzgerald, Richard Doyle et Edward Robert Hughes (Midsummer Eve, 1908).
Le sujet le plus fréquent est tiré du Songe d'une nuit d'été de Shakespeare (Obéron, Titania, Puck). On trouve aussi des banquets féeriques, des scènes de danse circulaire, des combats entre créatures, et des personnages folkloriques (leprechauns, brownies). L'atmosphère est nocturne ou crépusculaire.
The Fairy Feller's Master-Stroke (1855-1864) de Richard Dadd, conservée à la Tate Britain. Peinte sur huit ans à l'asile de Bedlam puis Broadmoor (Dadd avait tué son père en 1843), cette œuvre minuscule (54 × 39 cm) concentre des centaines de figures dans une précision hallucinée. Elle a inspiré la chanson éponyme de Queen (1974).
La peinture féerique croise plusieurs courants : le romantisme tardif (Fuseli, Blake), le préraphaélisme par certains aspects, le symbolisme fin-de-siècle, et l'illustration littéraire (Rackham, Dulac, Doyle). Elle survivra principalement comme genre illustratif au XXᵉ siècle.