d'après Madone de l'humilité , Sassetta
École siennoise
École picturale de Sienne du XIIIᵉ au XVIᵉ siècle — Duccio, Simone Martini, Sassetta. Tradition gothique persistante et raffinement narratif.
d'après Madone de l'humilité , Sassetta
École picturale de Sienne du XIIIᵉ au XVIᵉ siècle — Duccio, Simone Martini, Sassetta. Tradition gothique persistante et raffinement narratif.
Article
L'école siennoise rassemble les peintres actifs à Sienne, en Toscane, du milieu du XIIIe siècle au XVe siècle. Pendant deux cents ans, Sienne offre à l'Italie une voie picturale distincte de Florence : moins préoccupée par la perspective scientifique et l'anatomie, elle privilégie la grâce linéaire, l'élégance gothique, l'or des fonds et une spiritualité plus sensuelle. Cette divergence n'est pas un retard — c'est un choix esthétique assumé qui produit certains des chefs-d'œuvre les plus raffinés de la peinture occidentale.
L'école siennoise naît avec Duccio di Buoninsegna (vers 1255-1319). Sa Maestà peinte pour la cathédrale de Sienne (1308-1311) est un retable monumental aux deux faces, hommage à la Vierge protectrice de la cité. Duccio y synthétise l'héritage byzantin (fonds d'or, hiérarchies frontales) et les influences gothiques venues de France (drapés ondulants, visages allongés). À la même époque, Giotto invente à Florence un autre langage, plus volumétrique. Le contraste entre Duccio et Giotto fonde la dualité de la peinture toscane.
Disciple de Duccio, Simone Martini (1284-1344) porte l'école siennoise à son sommet. Sa Maestà du Palais public (1315) et surtout son Annonciation aux Offices (1333) déploient une arabesque linéaire d'une élégance inégalée. Simone Martini travaille pour la cour pontificale d'Avignon à partir de 1335-1336, où il diffuse le style siennois dans toute l'Europe. Son influence est décisive sur le futur gothique international italien.
Les frères Pietro et Ambrogio Lorenzetti introduisent dans la peinture siennoise une dimension nouvelle : la représentation de la vie quotidienne et de la politique. La fresque Effets du Bon et du Mauvais Gouvernement d'Ambrogio (Palais public de Sienne, 1338-1339) est le premier grand cycle profane de l'art occidental. Pietro Lorenzetti, de son côté, ouvre une voie vers une émotion plus dramatique dans ses fresques d'Assise. La Peste noire de 1348 frappe durement Sienne, fauche probablement les deux frères, et brise net cette trajectoire.
Le XVe siècle voit Sienne reculer face à Florence. Tandis que Masaccio y invente la perspective moderne dans la chapelle Brancacci (1424-1428), Sienne reste largement fidèle au langage gothique. Sassetta (Stefano di Giovanni, 1392-1450), Giovanni di Paolo, Domenico di Bartolo continuent à peindre des fonds d'or et des compositions hiératiques alors même que l'avant-garde florentine bascule dans le Quattrocento. Cette fidélité est tantôt jugée comme retard, tantôt comme persistance d'un goût raffiné qui anticipe sur les redécouvertes pré-raphaélites du XIXe siècle.
Quatre traits distinguent l'école siennoise. D'abord la primauté de la ligne : contour ondulant, arabesque décorative, drapé musical. Ensuite la persistance de l'or : les fonds d'or restent la norme bien après que Florence les a abandonnés. Puis le mysticisme courtois : la Vierge est reine, les saints sont des courtisans célestes, l'iconographie est codifiée. Enfin un art urbain : Sienne est une cité-État qui commande des fresques civiques dont l'enjeu politique est explicite.
Longtemps éclipsée par Florence dans l'historiographie vasarienne, l'école siennoise est réhabilitée au XIXe siècle par les préraphaélites britanniques (Ruskin admire Duccio) et au XXe siècle par les historiens de l'art italien (Cesare Brandi, Enzo Carli). La Pinacothèque nationale de Sienne et le Musée de l'Œuvre du Dôme conservent l'essentiel des chefs-d'œuvre, dont le démembrement de la Maestà de Duccio dispersés aujourd'hui dans plusieurs musées du monde.
L'école siennoise rassemble les peintres actifs à Sienne entre le milieu du XIIIe siècle et le XVe siècle. Elle privilégie la grâce linéaire, l'or des fonds et une spiritualité gothique, en alternative à l'école florentine.
Duccio di Buoninsegna, Simone Martini, Pietro Lorenzetti et son frère Ambrogio Lorenzetti sont les figures majeures du XIVe siècle. Au XVe siècle, Sassetta, Giovanni di Paolo et Domenico di Bartolo continuent la tradition.
L'école florentine privilégie la perspective scientifique, l'anatomie et le dessin volumétrique dès le XVe siècle. L'école siennoise reste fidèle plus longtemps au gothique : ligne ondulante, fonds d'or, hiérarchies frontales, sensibilité décorative.
La Maestà de Duccio di Buoninsegna, peinte entre 1308 et 1311 pour le maître-autel de la cathédrale de Sienne, est considérée comme le chef-d'œuvre fondateur de l'école. Ce retable monumental à double face est aujourd'hui partiellement conservé au Musée de l'Œuvre du Dôme.
Trois causes principales : la Peste noire de 1348 qui décime la population et probablement les frères Lorenzetti, la concurrence florentine qui invente la perspective moderne, et le déclin politique de la République de Sienne, finalement annexée par Florence en 1555.